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Le Hikikomori : la maladie des reclus

Hikikomori

Vivre coupé de la société et replié chez soi, souvent pendant de nombreuses années. Tel est la réalité qui se cache derrière le terme japonais « Hikikomori » qui se traduit par « personne en marge ».

Ce phénomène identifié depuis longtemps au pays du Soleil-Levant, commence à faire des émules dans d’autres pays.

Mais qu’est-ce qu’un Hikikomori ? Quels sont ses symptômes et comment le soigner ? Explications.

Le Hikikomori : un être coupé de son élan vital

Traditionnellement, le Hikikomori au Japon désigne un adolescent ou un jeune homme vivant reclus chez lui, limitant au maximum les échanges sociaux et passant l’essentiel de son temps à jouer aux jeux vidéo ou à surfer sur Internet.

Le terme d’Hikikomori est apparu dans les années 90, lorsque des psychiatres japonais se sont inquiétés de voir une recrudescence de jeunes hommes se renfermer sur eux et adopter des conduites asociales, souvent alertés par les familles de ces derniers.

Aujourd’hui on estime le nombre d’Hikikomori entre 200 000 et 260 000 au Japon. Si 70% d’entre eux sont des hommes, assez jeunes entre 15 à 35 ans, ces dernières années de plus en plus de femmes sembleraient être atteintes par ce phénomène. De même, la moyenne d’âge semble augmenter sensiblement puisque faute de trouver une solution à leur problème, de nombreux Hikikomori s’enferment de plus en plus longtemps.

Pour comprendre cette réclusion volontaire, il faut s’interroger sur l’origine de ce besoin d’isolement total. La plupart des Hikikomori témoignent d’une sensation de vide intérieur, d’absence d’intérêt pour la vie (sans pour autant que celle-ci induise nécessairement des comportements suicidaires) et un sentiment d’incapacité à affronter les obligations sociales du quotidien.

Les causes et symptômes du Hikikomori

La plupart des psychiatres japonais, qui ont étudié les cas de Hikikomori, relèvent que les patients atteints ont été victimes de harcèlement scolaire ou ont été confrontés à une pression sociale très importante en termes de réussites scolaires ou professionnelles.

Le Japon est historiquement une société où le contrôle social est très important, ce qui expliquerait l’importance du phénomène dans ce pays. Cependant, de par l’injonction à la productivité croissante de nos sociétés, des cas d’Hikikomori ont été déclarés également aux États-Unis, en Australie, en Italie mais aussi en France.

Sur un plan symptomatologique, le Hikikomori est défini par un mode de vie exclusivement centré sur le domicile, des interactions sociales limitées au maximum et une absence d’appétence pour les éléments constitutif d’une vie quotidienne normale (études, travail, vie de famille) pendant plus de 6 mois.

Ce phénomène n’est pas lié à un trouble psychique caractérisé comme une schizophrénie. Il ne correspond pas non plus à de l’agoraphobie, puisqu’un agoraphobe est souvent soulagé de pouvoir parler à quelqu’un, tandis que l’Hikikomori aura plutôt tendance à fuir tout contact humain.

Comment soigner un Hikikomori

Dans la plupart des cas, une personne atteinte d’Hikikomori va retrouver une vie normale après quelques mois, ou années, en acceptant de sortir à nouveau de chez elle. Cependant, plus l’Hikikomori est installé sur la longue durée, plus un retour au monde réel est difficile et la tentation de retourner s’enfermer chez soi importante.

Dans les cas les plus extrêmes, lorsque le repli social devient trop important, l’Hikikomori peut être admis dans un hôpital psychiatrique afin de préserver son intégrité physique.

S’il n’existe pas de solution miracle pour sortir un Hikikomori de sa situation, plusieurs psychiatres indiquent que les thérapies cognitivo-comportementales peuvent être utiles. Ainsi, en suivant un protocole thérapeutique et des exercices spécifiques, il est possible de ramener un Hikikomori vers un mode de vie normal.

L’objectif du soin est de réinscrire la personne dans son histoire de vie, de lui rappeler sa valeur, vis-à-vis de lui même, mais aussi envers la société.